Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

logo prix audiolib 2019

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Audiolib – mars 2019 – 4h40 – Lu par Clara Brajtman

Les Éditions de Minuit – septembre 2018 – 188 pages

Quatrième de couverture :
Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Auteur : Pauline Delabroy-Allard est née en 1988. Ça raconte Sarah est son premier roman.

Lecteur : Clara Brajtman s’est formée au Conservatoire du XXe arrondissement de Paris. Elle a travaillé au théâtre en France et en Italie avec notamment Luca Giacomoni, Nick Millet ou Fanny Zeller. Passionnée par le travail de la voix, elle est également chanteuse et se spécialise dans le répertoire français des années 20 aux années 40, et dans le répertoire swing des standards américains. Elle a monté un récital autour de l’œuvre de Boris Vian pour faire résonner sa production littéraire et son œuvre musicale.

Mon avis : (écouté en avril 2019)
Je n’ai pas du tout aimé cette lecture.
Ce livre raconte une histoire d’amour dévorante, destructrice entre deux femmes. Une première partie est consacrée à la rencontre, à l’éveil des sens, à la passion amoureuse. Dans la seconde partie, c’est la fin de l’histoire, dans la violence et la douleur.
Je n’ai pas été touchée par ces deux femmes, Sarah et la narratrice. J’en ai eu vite assez de ses plaintes répétitives et monotones… Tout cet étalage de sentiments poussés à l’extrême m’a vraiment ennuyé et absolument pas intéressé !

Extrait : (début du livre)
Dans la pénombre de trois heures du matin, j’ouvre les yeux. Je meurs de chaud, mais je n’ose pas me lever pour ouvrir la fenêtre un peu plus grand. Je suis couchée dans son lit, dans cette chambre que je connais si bien, près de son corps enfin endormi après une longue lutte contre les angoisses qui mangent tout, la tête, le ventre, le cœur. Nous avions beaucoup parlé, pour les éloigner, les repousser aux frontières de la nuit, nous avions fait l’amour, j’avais caressé son corps pour l’apaiser. J’avais laissé glisser ma main le long de ses épaules, puis le long de ses bras, je m’étais pelotonnée contre son dos et j’avais longuement pétri la chair tendre de ses fesses. J’avais guetté sa respiration, en attendant que le souffle court devienne léger, que les hoquets de larmes s’espacent, que la paix trouve enfin le chemin.

Il fait si chaud, dans cette pièce. Je voudrais bouger, un peu, sentir l’air sur mon visage. Mais son corps touche le mien, sa main est posée sur mon bras, et bouger risquerait de faire vaciller l’édifice que j’ai mis tant de temps à construire. Son sommeil est comme un château de sable. Un mouvement et ça se casse la gueule. Un mouvement et ses yeux s’ouvrent grand. Un mouvement et il faut tout recommencer. J’écoute le ronronnement de son souffle plein de sommeil, il me donne envie de rire de plaisir, d’une gaieté enfin retrouvée pour un instant. Je voudrais suspendre la nuit et écouter ce bourdonnement pendant des heures et des heures, des jours et des jours, puisqu’un bourdonnement ça veut dire je vis, ça veut dire j’existe, ça veut dire je suis là. Et moi je suis là aussi, à côté.

Mon corps brûlant reste parfaitement immobile. Si ne pas renverser le château de sable de son sommeil signifie mourir de chaud alors je veux bien mourir de chaud. Dehors, dans cette nuit grisâtre que je perçois par la fenêtre, les oiseaux chantent. On dirait qu’ils sont mille, gazouillant à qui mieux mieux, fendant l’air dans tous les sens, comme les plus habiles des pilotes. Cette nuit de chaleur écrasante, c’est leur 14 Juillet à eux, ils font de la voltige aérienne et ils s’en donnent à cœur joie, inventant des figures toujours plus périlleuses. Dans les arbres lointains, des tourterelles banlieusardes saluent de leurs trilles stridents le tout petit matin qui pointe. Je regarde leurs ombres filer contre le ciel sale. Je crève de chaud. J’attends.

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2 réflexions sur “Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

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