La disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

51SS6IRxAIL Editions de Fallois – mars 2018 – 640 pages

Quatrième de couverture :
30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.
Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer?
Qu’a-t-elle découvert?
Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Auteur : Joël Dicker est né à Genève en 1985. Son premier roman, Les Derniers Jours de nos pères, a reçu les Prix des écrivains genevois en 2010. Il a publié en 2012 La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, qui a obtenu successivement le Prix de la Vocation Bleustein-Blanchet, le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25e Prix Goncourt des Lycéens.
En 2015 il a publié Le Livre des Baltimore.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Je n’avais pas lu de livre de Joël Dicker depuis le fameux « La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert ». Le Challenge Pavé de l’été était la bonne occasion pour découvrir son dernier roman.
2014, le capitaine de police Jesse Rosenberg est sur le point de prendre sa retraite, quand la journaliste Stephanie Mailer lui dit qu’il s’est trompé de coupable dans son enquête sur le quadruple meurtre de 1994 à Orphea.
Quelques jours plus tard, Stephanie Mailer disparaît. Avec son ancien coéquipier, Derek Scott, et Anna, une nouvelle policière de la ville d’Orphéa, Jesse reprend l’enquête de 1994, tout en recherchant la journaliste disparue.
L’intrigue est complexe, bien construite, l’enquête est captivante et la lecture addictive… Difficile de lâcher tous ses nombreux personnages qui défilent en alternance en 1994 et en 2014 et qui deviennent suspects tour à tours… Secrets, révélations, fausses pistes, rebondissements et un trio d’enquêteurs très attachants, voilà un livre que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir ! Bravo !

Extrait : (début du livre)
À propos des événements du 30 juillet 1994

Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’État de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan.
Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important. Dès la fin de l’après-midi, les touristes et la population locale avaient commencé à se masser sur la rue principale pour assister aux nombreuses festivités organisées par la mairie. Les quartiers résidentiels s’étaient vidés de leurs habitants, au point de prendre des allures de ville fantôme : plus de promeneurs sur les trottoirs, plus de couples sous les porches, plus d’enfants en patins à roulettes dans la rue, personne dans les jardins. Tout le monde était dans la rue principale.
Vers 20 heures, dans le quartier totalement déserté de Penfield, la seule trace de vie était une voiture qui sillonnait lentement les rues abandonnées. Au volant, un homme scrutait les trottoirs, avec des lueurs de panique dans le regard. Il ne s’était jamais senti aussi seul au monde. Personne pour l’aider. Il ne savait plus quoi faire. Il cherchait désespérément sa femme : elle était partie courir et n’était jamais revenue.

Samuel et Meghan Padalin faisaient partie des rares habitants à avoir décidé de rester chez eux en ce premier soir de festival. Ils n’avaient pas réussi à obtenir de tickets pour la pièce d’ouverture, dont la billetterie avait été prise d’assaut, et ils n’avaient éprouvé aucun intérêt à aller se mêler aux festivités populaires de la rue principale et de la marina.
À la fin de la journée, Meghan était partie, comme tous les jours, aux alentours de 18 heures 30, pour faire son jogging. En dehors du dimanche, jour pendant lequel elle octroyait à son corps un peu de repos, elle effectuait la même boucle tous les soirs de la semaine. Elle partait de chez elle et remontait la rue Penfield jusqu’à Penfield Crescent, qui formait un demi-cercle autour d’un petit parc. Elle s’y arrêtait pour s’adonner à une série d’exercices sur le gazon – toujours les mêmes – puis retournait chez elle par le même chemin. Son tour prenait trois quarts d’heure exactement. Parfois cinquante minutes si elle avait prolongé ses exercices. Jamais plus.
À 19 heures 30, Samuel Padalin avait trouvé étrange que sa femme ne soit toujours pas rentrée.
À 19 heures 45, il avait commencé à s’inquiéter.
À 20 heures, il faisait les cent pas dans le salon.
À 20 heures 10, n’y tenant plus, il avait finalement pris sa voiture pour parcourir le quartier. Il lui sembla que la façon la plus logique de procéder était de remonter le fil de la course habituelle de Meghan. C’est donc ce qu’il fit.
Il s’engagea sur la rue Penfield, et remonta jusqu’à Penfield Crescent, où il bifurqua. Il était 20 heures 20. Pas âme qui vive. Il s’arrêta un instant pour observer le parc mais n’y vit personne. C’est en redémarrant qu’il aperçut une forme sur le trottoir. Il crut d’abord à un amas de vêtements. Avant de comprendre qu’il s’agissait d’un corps. Il se précipita hors de sa voiture, le cœur battant : c’était sa femme.

Déjà lu du même auteur :

la_v_rit__sur_l_affaire_harry_quebert La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

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Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf

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Quatrième de couverture :
Je m’appelle Esther et j’ai 10 ans. J’ai raconté 52 histoires vraies extrêmement intéressantes sur moi (ma famille, mes amis, ma vie etc.) à Riad Sattouf et il en a fait ce livre très réaliste avec des gros mots (merde – con – putain) parce qu’on parle comme ça nous les jeunes.

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futur en 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Esther a 10 ans, elle habite dans le 17ème arrondissement à Paris. Son père est coach sportif dans une salle de sport, sa mère dans une banque. Esther a un grand frère, Antoine, âgé de 14 ans avec qui elle partage la chambre. « Il est assez con, mais c’est normal pour un garçon ». Esther est en CM1 dans une école privé, Antoine va dans un collège normal. Eugénie est sa meilleure amie, elle aime également Cassandre. Esther aimerait beaucoup avoir un Iphone comme Eugénie, mais son père refuse qu’elle est un téléphone avant son entrée au collège. Il préfère qu’Esther lise des livres…
Esther nous raconte son quotidien, elle parle de sa famille, de l’école, des amoureux à la récré, des vacances chez mamie en Bretagne… Elle donne son avis sur le racisme, sur Dieu, sur les attentats de Charlie, sur le futur… Elle parle de son film préféré, de la musique qu’elle écoute et qu’elle aime…
Esther est pleine de fraîcheur, drôle et parfois sans pitié. Voilà une BD touchante et pleine d’humour !
J’ai continué à découvrir la série avec les tomes : 11 ans et 12 ans (billets à venir), et Riad Sattouf a prévu de suivre Esther jusqu’à ses 18 ans…

Edit 3/09/2018 : « Les Cahiers d’Esther, histoires de mes 10 ans » arrivent en dessins animés à la télé : 50 épisodes seront diffusés en CLAIR sur CANAL+ à 20h55 !

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

Petit bac 2018Objet (5)

C’est lundi, que lisez-vous ? [35]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne la semaine dernière ?

9782367626918-001-T 51Z-CQO9HIL nosembellies

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli
Coupée en deux – Charlotte Erlih
Nos embellies – Marie Duvoisin et Gwénola Morizur

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La Daronne – Hannelore Cayre (livre audio partenariat Audiolib)
Retour sur l’île – Viveca Sten

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Taqawan – Eric Plamondon
La femme qui fuit – Anaïs Barbeau-Lavalette
Le pensionnat – Michel Noël

Bonnes lectures et bonne semaine

 

Nos embellies – Marie Duvoisin et Gwénola Morizur

nosembellies Bamboo – février 2018 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Lily apprend qu’elle est enceinte, au moment où son compagnon lui annonce qu’il va partir en tournée avec son groupe et lui demande de s’occuper de Balthazar, son neveu, qui arrive du Canada. Lily tente d’apprivoiser ce gamin qu’elle n’a jamais vu et qui traîne avec lui la tristesse de la séparation de ses parents. Sur un coup de tête, elle quitte Paris avec Balthazar. Sur la route, ils rencontrent Jimmy, un jeune homme en marge. Leur périple les mène jusqu’à Pierrot, un berger qui élève seul ses brebis avec son chien. Ensemble, ces âmes déboussolées vont retrouver un souffle de vie.

Auteurs : Née dans la Finistère en 1981, Gwénola Morizur écrit beaucoup, dans des domaines différents : bande dessinée, poésie, albums jeunesse et romans de commande, des chansons. Mère de deux enfants, établie près de la Forêt de Brocéliande, elle travaille comme médiatrice culturelle à la Maison de la Poésie, à Rennes, où elle accueille des auteurs.
Marie Duvoisin a suivi la formation « Bande-dessinée/illustration » à l’école Pivaut, une école d’arts appliqués à Nantes. Après une première rencontre avec Laurence Convers et Hervé Richez à Saint Malo, en 2014, elle signe son premier album « Nos embellies », en 2018, avec Gwénola Morizur au scénario.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Lily vient d’apprendre qu’elle est enceinte et elle hésite à en parler à Félix, son copain. Le soir même, ce dernier rentre à l’appartement avec une bouteille de champagne et une bonne nouvelle ! Son groupe de musique a enfin signé avec un grand label pour partir pour une grande tournée. Par contre, comme il va être très pris les prochains jours par le travail, Félix demande à Lily de s’occuper de son neveu qui doit arriver dès le lendemain. Lily ne parlera pas de sa grossesse et elle est hésitante à accepter de s’occuper de cet enfant qu’elle ne connaît pas car elle n’a aucune expérience avec les enfants…
Balthazar a 7 ans, ses parents viennent de se séparer, il arrive depuis le Canada et son oncle Félix n’est pas là. Il a vite le mal du pays et réclame sa mère… Lily décide de louer une voiture pour aller voir des montagnes enneigées dans le Massif Central. En chemin, ils prennent en voiture un jeune auto-stoppeur solitaire, Jimmy,  et après avoir mis la voiture dans un fossé, ils vont frapper à la porte de Pierrot, un berger qui élève seul ses chèvres, et qui tient un gîte dans sa ferme. Pierrot est veuf, il vit seul depuis que ses enfants sont partis vivre à l’étranger.
Lily, Balthazar, Jimmy et Pierre sont à la croisée des chemins avec des vies bousculées. Le hasard de leur rencontre vont leur faire du bien. C’est une pause salutaire pour tous les quatre, ils vont pouvoir retrouver leurs repères et envisager une embellie dans leur vie.
Les différents personnages sont
touchants et attachants, les paysages enneigés sont magnifiques. Une BD profondément humaine et apaisante.

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Coupée en deux – Charlotte Erlih

51Z-CQO9HIL Actes Sud – janvier 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
« — Qu’est-ce que tu voudrais, toi, dans un monde
idéal ? reprend la juge après un silence.
Ce que je voudrais, moi, dans un monde idéal ?!…
Je voudrais que mes parents soient ensemble et que Laure et Nina existent aussi.
Je voudrais ne vivre qu’avec Maman et ne vivre qu’avec Papa.
Je voudrais arrêter d’être trimballée d’un endroit à un autre et en même temps vivre des deux côtés.
Je voudrais partir en Australie avec Maman et que Papa y vienne aussi.
Je voudrais que la question ne se pose pas. »

Auteur : Normalienne, agrégée de lettres modernes et cinéaste, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l’université de Nanterre, avant de se consacrer à l’écriture et à la réalisation. Elle est l’auteur de Bacha Posh (récompensé par de nombreux prix dont le prix NRP et le prix Sésame), 20 pieds sous terre (prix des lycéens allemands) et Highline (prix Jean-Claude Izzo).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Depuis 5 ans et le divorce de ces parents, Camille a fini par apprivoiser le rythme de la garde partagée, malgré tout, les dimanches et les lundis matin sont toujours difficiles à passer. Camille se sent déchirée.
La mère de Camille a choisi de partir travailler en Australie et Camille vit un vrai dilemme. Camille a rendez-vous avec une juge, elle doit choisir entrer rester à Paris avec son père, sa nouvelle compagne et sa petite sœur Nina, encore un bébé, ou partir à l’autre bout du monde avec sa mère.
Dans cette histoire d’une réalité devenue assez banale, c’est Camille la narratrice : elle va exprimer ses interrogations, ses peurs, ses doutes à propos d’une situation qu’elle n’a pas choisie et qui doit être tranchée…
Ce court roman est vraiment réussi, les mots sont simples, pleins de pudeur et de justesse. Il est destiné aux adolescents à partir de 13 ans et également aux adultes !

Extrait : (début du livre)
Métro Cité. Sur l’escalator qui remonte vers la rue, Maman pose sa main sur mon épaule. Elle a un toucher spécial, ma mère. Elle n’appuie pas, on l’a sent à peine, pourtant c’est comme un courant tiède qui me traverse. Je peux être n’importe où, dans un hall de gare ou sur la table d’examen du médecin, dès qu’elle me pose la main dessus, je me sens chez moi.
Je monte à pied les dernières marches de l’escalier roulant. Maman n’anticipe pas mon mouvement. Sa main retombe le long de son buste. A l’endroit où elle me touchait, aujourd’hui, ça me brûle.
Le soleil m’éblouit. Je baisse la tête. J’aurais préféré qu’il pleuve. Ou au moins qu’il fasse gris.
– C’est là, dit ma mère en désignant l’autre côté du boulevard.
– Dans une église ? !
– Non ! La Sainte-Chapelle se trouve dans le Palais de Justice mais les deux n’ont rien à voir.
Bizarre…

Déjà lu du même auteur :

C_Bacha-Posh_1965 Bacha Posh 20 pieds sous terre 20 pieds sous terre

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – juin 2018 – 5h51 – Lu par Gauthier Battoue

Hachette – avril 2015 – 320 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Tamae-Bouhon

Titre original : Simon vs. the Homo Sapiens Agenda, 2015

Quatrième de couverture :
Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux soeurs, un chien et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.
Blue, c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf notre nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait, ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay. Personne n’est au courant, à part Blue… et maintenant cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler…
Un héros irrésistible, un style plein d’humour et une histoire d’amour captivante : voilà le roman inoubliable qui a inspiré le film Love, Simon. Lu par la voix française de Simon au cinéma.

Auteur : Becky Albertali est née dans la banlieue d’Atlanta. L’écriture et la lecture ont toujours été importantes pour elle. Elle suit des études de psychologie dans une université du Connecticut et passe un an en Écosse, à l’université de Saint Andrews. Elle déménage ensuite à Washington pour y passer son doctorat. Après avoir été psychologue, elle se consacre désormais à l’écriture.

Lecteur : Comédien depuis ses 16 ans, Gauthier Battoue a joué pour le théâtre (Chère Elena, mis en scène par Didier Long), la télévision et le cinéma (Bonne Pomme avec Gérard Depardieu). Il est le doubleur de Zach Efron, Ezra Miller et Dylan Minette (Clay dans la série).

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Simon vit dans une petite ville de banlieue d’Atlanta. Il a seize ans et se sait homosexuel depuis plusieurs années mais n’a encore jamais osé en parler avec ses amis ou sa famille. Une seule personne le sait : Blue. Blue est un garçon du lycée que Simon a rencontré sur le réseau social Tumblr. Tous deux s’échangent des mails où ils se racontent tout mais sans s’être donné leur vraie identité : ils sont l’un pour l’autre Jack et Blue.
Et voilà que Martin Addison, un camarade de classe, a lu les mails de Simon et le menace de tout révéler.
Simon est un garçon attachant et touchant.
 Le lecteur pris par l’histoire, cherche à reconnaître parmi les garçons du lycée qui pourrait bien être Blue et espère que Simon va pouvoir surmonter ses peurs et s’accepter tel qu’il est.
Le livre est construit avec le récit de Simon et en alternance les mails que s’échangent Blue et Jack (Simon). En audio, ce n’est pas toujours facile de suivre la lecture des mails, si on n’est pas spécialement attentif,  on perd vite le fil, surtout on ne sait plus qui écrit…

Une adaptation de ce livre a été faite au cinéma par le réalisateur Greg Berlanti, avec le film « Love, Simon » .
Merci Pauline et Audiolib pour m’avoir permis de découvrir cette histoire d’adolescents originale et touchante.

Extrait : (début du livre)
C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.
Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :
— J’ai lu tes mails.
— Quoi ?
Je lève la tête.
— Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.
— Tu as lu mes mails ?
— Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.
Je le dévisage, médusé.
— Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.
Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?
Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.
Et je suppose que je suis le roi des crétins.
C’est qu’il sourit, en plus.
— Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.
— Euh, pas particulièrement.
Il me fixe. Je demande :
— Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?
— Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.
Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.
— C’est vraiment gênant, dit-il.
Je ne sais même pas quoi répondre.
— Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.
Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.
Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.
Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.
Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.
Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.
— Perso, je pense que tout le monde réagirait plutôt bien, poursuit Martin. Tu devrais être toi-même.
Que voulez-vous répondre à ça ? Un gamin hétéro, qui me connaît à peine et qui me conseille de sortir du placard. Je lève les yeux au ciel, obligé.
— Okay, enfin, comme tu voudras. Je garderai tout ça pour moi, dit-il.
L’espace d’une minute, je me sens bêtement soulagé. Avant de saisir.
— Garder quoi pour toi ?
Il rougit, triture l’ourlet de sa manche. Quelque chose dans son expression me tord l’estomac.
— Est-ce que… tu aurais fait une capture d’écran, par hasard ?
— Ben, dit-il, j’allais justement t’en parler.
— Minute – tu as fait une putain de capture d’écran ?

Petit bac 2018Animal (4)

C’est lundi, que lisez-vous ? [34]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu ces dernières semaines ? (billets mis en ligne)

les beaux étés 71ZIHNN84NL bluebird A1RsQgNXnrL

Les Beaux Étés – tome 4 – Le repos des guerriers
Les petites marées : Mona – Séverine Vidal et Mathieu Bertrand
Bluebird – Tristan Koëgel
Dust – Sonja Delzongle

Qu’est-ce que j’ai lu ces dernières semaines ? (billets à venir)
Coupée en deux – Charlotte Erlih
Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli (livre audio partenariat Audiolib)
Nos embellies – Marie Duvoisin et Gwénola Morizur (BD)
Ginny Moon – Benjamin Ludwig
Cadres noirs – Pierre Lemaître
Code 93 – Olivier Norek
La bibliothèque c’est ma maison et autres histoires – ATD Quart Monde (BD)
Agatha Raisin tome 6 : Vacances tous risques – M.C. Beaton
Le Cercle littéraire des Amateurs d’épluchures de patates – Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows
N’éteins pas la lumière – Bernard Minier (Challenge Pavé de l’été)
La disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker (Challenge Pavé de l’été)
Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf (BD)
Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 11 ans – Riad Sattouf (BD)
Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 12 ans – Riad Sattouf (BD)

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Sauveur & Fils 4 – Marie-Aude Murail
La Daronne – Hannelore Cayre (livre audio partenariat Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Taqawan – Eric Plamondon
La femme qui fuit – Anaïs Barbeau-Lavalette

Bonnes lectures et bonne semaine

 

Stockholm (3/3)

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Troisième jour, à Stockholm : nous commençons par prendre la ligne bleue du métro à T-Centralen, et nous découvrons l’une des stations décorées de Stockholm :

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Nous arrivons à la station Kungsträdgården, également décorée.

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Nous partons vers les deux petites  îles de Skeepholmen et Kastellholmen, nous en faisons le tour et nous visitons également la collection permanente du Moderna Museet.

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Il abrite des œuvres de l’Époque moderne comprenant Georges Braque, Sonia Delaunay, Siri Derkert, Henri Matisse, Edvard Munch, Wassily Kandinsky, Ernst Ludwig Kirchner, Pablo Picasso, Alexander Calder…. Mais aussi les œuvres des nouveaux réalistes, notamment La Chèvre de Robert Rauschenberg et des œuvres de Jasper Johns.

Pontus Hultén a fait une grande donation au musée en 2005. Elle comprenait plus de 700 œuvres parmi lesquelles on compte : Constantin Brâncuși, Salvador Dalí, Walter De Maria, Marcel Duchamp, Max Ernst, Sam Francis, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Kasimir Malevitch, Claes Oldenburg, Francis Picabia, Robert Rauschenberg, Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Andy Warhol

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Nous reprenons le métro pour la station Thorildsplan sur l’île de Kungsholmen,

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nous partons déjeuner dans l’un des parcs, puis nous passons le pont pour faire le tour de l’île Lilla Essingen, il fait très beau et les suédois en profite pour prendre le soleil au bord de l’eau…

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A Stockholm, en cette saison, le soleil se lève à 4h30 et se couche à 21h. Aussi, mon conjoint décide de partir faire un footing dès 5h autour des îles de Kungsholmen et de Lilla Essingen. Pour ma part, j’en profiterai pour finir ma nuit…

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Dernier jour de visite à Stockhölm, nous prenons le ferry pour rejoindre l’île de Djurgården et l’impressionnant Vasamuseet. Ce musée a été construit autour d’un vaisseau de guerre suédois du 17e siècle, qui sombra lors de son voyage inaugural le 10 août 1628 et qui fut renfloué en 1961.

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Le Vasa, baptisé ainsi parce qu’il portait le blason de la dynastie régnante, devait être le bateau le plus puissant jamais construit.  Des centaines de sculptures ciselées, les biens de l’équipage, les voiles et plus de 14.000 objets en bois ont été remontés avec le navire qui reste aujourd’hui encore, le seul vaisseau du XVIIe siècle à avoir été conservé.
Il fait assez sombre dans le musée, mais cela est nécessaire pour la conservation du vaisseau. Le bâtiment a par ailleurs été construit spécialement pour accueillir l’épave, aujourd’hui reconstituée. A ce jour, les équipes du musée mènent encore des recherches sur la préservation à long terme de ce précieux vaisseau de guerre.
Enfin, le musée abrite plusieurs expositions connexes qui nous en apprennent plus sur la vie à bord, les passagers, la navigation au XVIIe siècle…
Avant la visite, j’avais pu télécharger,  sur le site du musée, un audio-guide en français très intéressant.

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Nous quittons Djurgården avec le tramway et après avoir pique-niqué dans un parc, nous partons flâner dans le quartier de Ostermal : avec un petit tour au marché couvert où il y a presque autant de vendeurs que de bistrots…

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Nous passons également par la Kungl. Biblioteket (Bibliothèque Royale), et par hasard, nous empruntons une rue tunnel (Brunkeberg Tunnel)

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Le tunnel est souterrain pour les piétons et les bicyclettes sous Regeringsgatan et Malmskillnadsgatan, environ 15-20 mètres de profondeur. Le roi Oscar II a ouvert le tunnel le 9 juin 1886.

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Nous terminons notre journée sur les hauteurs de Stockholm, dans le Parc Observatorielunden.

Nous profitons des dernières heures de notre long w-e vraiment dépaysant dans la capitale suédoise où la vie doit être bien agréable. L’accueil y est vraiment sympathique. La ville côtoie la nature avec les nombreux espaces verts, la mer avec les nombreuses îles. Dès qu’il fait beau, et cela a été le cas ces quatre jours, les Suédois vivent dehors, sur les terrasses des cafés, allongés sur l’herbe des parcs ou sur les bords de l’eau. Il y a de nombreux joggeurs, de nombreux cyclistes, les transports en communs nombreux et variés : bus, métro, tramway, bateau…

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Dust – Sonja Delzongle

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Lu en partenariat avec Folio

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Folio – avril 2016 – 560 pages

Denoël – avril 2015 – 528 pages

Quatrième de couverture :
Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

Auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

Mon avis : (lu en août 2018)
Hanah Baxter est une psycho-criminologue ou profileuse française, vivant à New-York. Elle est sollicitée par Collins, le chef de la Crim kenyane, pour une enquête sur laquelle son équipe bute depuis deux ans. Un mystérieux tueur en série assassine, en faisant disparaître les corps de ses victimes, il laisse seulement sur place une grande croix tracée avec du sang. Le tandem Hanah et Collins est vraiment sympathiques, ils se connaissaient déjà d’une enquête précédente. Le lecteur comprend vite que Collins a fait appel à Hanah également pour une autre enquête plus officieuse, concernant les disparitions et le massacre d’africains albinos…
La beauté des paysages contraste avec la cruauté des meurtres et le sordide des trafics, de certains rites et traditions. On découvre le Kenya sous toutes ses coutures : safaris pour touristes, bidonvilles, corruption, on ressent que Sonja Delzongle aime l’Afrique.
J’ai trouvé cette histoire un peu trop noire à mon goût même si les problématiques évoquées dans ce thriller sont malheureusement réelles.
Le style est direct, percutant comme son héroïne Hanah, femme originale et atypique que j’aurai envie de mieux connaître…

Merci Folio pour la découverte de cette auteure

Extrait :
Nairobi, 7 h 29
Le jeune Salim avait déjà vu du sang dans sa courte vie. À commencer par le sien, qui coulait d’une plaie après qu’il se fut entaillé un doigt ou écorché les genoux. Il savait même que les filles, à la puberté, en perdaient tous les mois et que c’était le signe qu’elles étaient devenues des femmes. Il en avait vu aussi à la télévision et dans la rue. Des images gluantes, le bitume ou la terre, rougis du sang versé lors de combats fratricides. Des crimes, des guerres sans fin.
Le sang était la vie et la mort.
Ce matin de juin, debout sur son vélocross, à évaluer les aspérités exploitables du sol à des fins acrobatiques, il fit une découverte singulière.

Sur le terrain vague des faubourgs de Nairobi où il avait l’habitude de se retrouver avec ses copains, un miroir pourpre réfléchissait les rayons du soleil naissant.

Il donna quelques coups de pédale et s’approcha, tel un animal curieux. La chose se révéla plus précisément. C’était la surface lisse et luisante d’une grande flaque de sang encore frais, dont l’odeur métallique avait dû alerter les deux hyènes qui venaient de s’enfuir, dérangées dans leur festin par le petit d’homme et sa monture.

Les charognards se risquaient rarement aux abords des villes. Mais le sang sur la terre desséchée avait attiré les animaux nécrophages à plusieurs kilomètres.

Salim regarda partout autour. Il manquait quelque chose à cette scène. Un corps, un cadavre. Le garçon émit un petit sifflement. Il avait dû être sacrément amoché, le type. Un homme, ou une femme. Peut-être un enfant. Salim grimaça.

Où était-il passé, le mort ? Enterré quelque part ? Dévoré ? Le plus étrange dans tout ça, c’était la forme de cette traînée de sang. Celle d’une croix.

Petit bac 2018Mot unique (5)