Les cosmonautes ne font que passer – Elitza Gueorguieva

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – juin 2018 – 192 pages

Verticales – août 2016 – 184 pages

Quatrième de couverture :
«Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont Fausses. Les Barbie, tu t’en fous, sauf que Constantza en a une vraie et ça te rend un peu furieuse. Constantza a un autre grand avantage : elle a une mère en Grèce alors que la tienne reste à la maison. De ce fait découlent quelques autres, de plus en plus déplaisants : a) elle peut voyager à l’étranger, b) elle a un éléphant doré et surtout c) une vraie Barbie. Une chose te rassure dans ces moments de tristes constats : à l’âge de sept ans, elle n’a aucun idéal précis ni aucune vocation noble comme toi. Iouri Gagarine, elle s’en fout, elle se contente de jouer avec sa vraie Barbie et son faux grand-père qui n’est même pas communiste.»

Auteur : Née à Sofia, en Bulgarie, en 1982, Elitza Gueorguieva vit depuis quinze ans à Paris où elle se consacre à des projets artistiques multiples entre le documentaire de création, l’écriture littéraire et les performances. Les cosmonautes ne font que passer est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Dans ce premier roman, Elitza Gueorguieva offre au lecteur, avec tendresse et humanité, une vision sans concession sur la fin du communisme bulgare.
A travers le regard naïf d’une petite fille de 7 ans,  le lecteur découvre la Bulgarie avant et après la chute du Mur de Berlin.
La petite fille est fière de son grand-père qui est un « communiste émérite », elle boit du Coop Cola. Elle rêve de devenir un jour cosmonaute comme Iouri Gagarine ou Valentina Tereshkova…
Et c’est la chute du Mur de Berlin et la petite fille découvre le Père Noël, le Coca Cola… Son grand-père reste plus que jamais communiste mais commence à perdre la tête, sa grand-mère emmène la petite fille à l’église orthodoxe et la fait baptiser… La Démocratie Bulgare perd son adjectif « populaire » et la petite fille devenue adolescente découvre Kurt Cobain et Nirvana sur MTV…
Ce petit roman est l’occasion de faire un voyage dans le temps en Bulgarie.
Le style est original car écrit à la deuxième personne du singulier.

Merci Julie et les éditions Folio pour m’avoir permis de découvrir ce livre original plein de charme et d’humour…

Extrait : (début du livre)
Vous êtes devant une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout, mais comme ta mère a l’air ému, tu comprends qu’on n’est pas là pour rigoler. Elle t’annonce que ça, c’est lui, c’est Iouri Gagarine et quand elle avait ton âge, il y a quelques siècles au moins, elle l’a personnellement vu planter des sapins, ici, dans l’allée de ce bâtiment : il s’agit de ta future école, et vous y êtes pour t’y inscrire, te dit ta mère en allumant sa dix-neuvième cigarette de la journée. Tu tournes la tête et tu constates que des enfants farouches de tout âge et de tout genre, collés à leur mère, d’énormes cartables sur le dos, marchent çà et là, dans l’immense cour d’école inondée par une lumière orange. Tu t’agrippes mécaniquement à ta mère et tu adoptes une expression menaçante au cas où quelqu’un oserait te regarder : tu ouvres grand tes narines, tu gonfles tes joues jusqu’à ce qu’elles deviennent complètement violettes, et tu remues tes oreilles dans le sens des aiguilles d’une montre. Ta mère poursuit ses explications, comme si de rien n’était : il est question à présent de la conquête spatiale. Tu n’es pas sûre de connaître ce dernier mot, et tu présumes qu’il s’agit de quelque chose de spécial, de glorieux, et de bien tout compte fait, et qui a un lien étroit avec la plantation des sapins mais comme tu ne sais pas encore lequel, tu préfères – afin d’éviter de te forger une représentation éloignée de la définition exacte du mot spatial – t’en tenir à ce que tes yeux voient à ce moment précis, c’est-à-dire une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout.

Le malentendu se dissipe une heure plus tard lorsqu’une fois sortie de la cour tu te retournes et tu aperçois la même image de loin : la multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout est dotée d’une forme, et représente ce que ta mère appelle une mosaïque, un peu comme dans votre salle de bains mais pas exactement la même ; celle de la salle de bains ressemble à une omelette de particules vertes, grises, noires, sans prétention figurative – ici se joue autre chose : un homme, jeune, beau, bon et courageux, la bouche entrouverte, les yeux levés vers l’horizon, sur un fond entièrement noir, mais rouge et jaune aussi, au style fantastique dans l’ensemble mais réaliste dans les détails. En fait, c’est Iouri Gagarine en plein milieu d’une conquête spéciale. Tu voudrais t’arrêter et le contempler encore un peu, mais il est trop tard et ça suffit, te dit ta mère.

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Je viens de commencer le titre « Dust » de Sonja Delzongle, je vous en parlerai plus tard.

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