Le bruit des choses qui commencent – Evita Greco

Lu en partenariat avec Albin Michel

51fvJqBmR7L Albin Michel – mai 2018 – 368 pages

traduit de l’italien par Marie Causse

Titre original : Il rumore delle cose che iniziano, 2016

Quatrième de couverture :
Lorsque Ada était petite, sa grand-mère avait inventé un jeu : il suffisait à la fillette de tendre l’oreille. Une tasse de café, des rires d’enfants, un oiseau… Le bruit des choses qui commencent, c’est une belle musique pour oublier les moments tristes.
Ada y pense souvent depuis que Teresa sa grand-mère, est malade. Dans les couloirs de l’hôpital, étreinte par l’angoisse et le sentiment d’abandon, la jeune femme guette cette petite musique. Et quand elle entend pour la première fois la voix débordante d’optimisme de Matteo, ou le rire de Giulia, une infirmière pleine de bienveillance, elle se dit que Teresa avait raison : chaque fois qu’une chose finit, une autre naît…
La ton, tout en douceur et en délicatesse, d’Evita Greco évoque, à travers le personnage de Ada, les étapes fondatrices de la vie. Un premier roman bouleversant qui transmet un grand feu de vie.

Auteur : Evita Greco a été sauveteur, caissière de supermarché, guide touristique et secrétaire avant de prendre la plume. Le bruit des choses qui commencent est son premier roman.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Voilà une très belle histoire pleine de poésie et de douceur. J’ai choisi ce livre, pour son auteure italienne et pour son titre à la fois énigmatique et plein de promesse. Theresa invite Ada sa petite-fille à prendre le temps d’écouter le bruit des « premières fois », c’est une façon de la détourner de ses peurs, de ses moments de tristesse.
Ada, a été abandonnée toute petite par sa mère, et a été élevée par sa grand-mère Teresa.
Teresa est maintenant âgée est très malade et elle est hospitalisée. Ada passe donc beaucoup de temps à l’hôpital pour rester auprès d’elle. Toutes deux font la connaissance de Giulia, une infirmière attentive et bienveillante qui s’occupe bien de Teresa et qui remonte le moral d’Ada qui comprend que sa grand-mère va bientôt mourir…
Dans les couloirs de l’hôpital, Ada fait la connaissance de Matteo, visiteur médical, dont elle tombe amoureuse…
Je n’en raconterai pas plus pour vous laisser découvrir par vous même cette histoire pleine de tendresse et de sensibilité où il est question de vie, d’amour, de relations humaines…

Merci Claire et Albin Michel pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il y a des bruits qui méritent qu’on s’y attarde, pense Ada : celui de l’orchestre quand les instruments s’accordent, juste avant le début d’un concert. Celui des feuilles lorsque le vent se lève. Des tasses que l’on pose sur le percolateur à la cafétéria.
Quand elles commencent, certaines choses ont une petite musique à elles. Ada s’arrête pour l’écouter.
C’est Teresa, sa grand-mère, qui lui a appris à reconnaître l’étonnement des débuts.
Ada avait trois ans quand sa mère avait décrété que son rôle ne l’intéressait pas. Un soir, elle l’avait mise au lit chez sa grand-mère. Le lendemain matin, elle était partie en disant qu’elle avait autre chose à faire. Et elle n’avait plus jamais donné signe de vie. Ada aurait préféré qu’il y ait une excuse plus sérieuse. Faute de quoi, elle avait fini par penser qu’elle n’était pas une petite fille qui valait la peine qu’on prenne du temps pour elle. Sa grand-mère avait beau lui répéter qu’elle était la prunelle de ses yeux, Ada avait continué à craindre qu’elle ne l’abandonne, elle aussi.

Un soir, elle demanda à Teresa si c’était la dernière fois qu’elle la mettait au lit. La vieille dame répondit que non, certainement pas, et pourtant, le lendemain matin, Ada lui demanda si c’était la dernière fois qu’elles prenaient le petit-déjeuner ensemble. Sa grand-mère lui répéta que non, certainement pas. Elle ne se lassait jamais de la rassurer.
Les choses se corsèrent quand le matin Ada refusa d’aller à l’école : et si c’était là, devant le portail de la maternelle, qu’elle voyait sa grand-mère pour la dernière fois ?
Teresa la réveillait puis l’aidait à s’habiller. Elle préparait son petit-déjeuner et lui mettait la blouse où elle avait brodé son prénom – et une petite abeille, car l’enfant adorait les abeilles ; elle lui avait cousu des yeux bleus « grands comme les tiens ». Malgré tous ses efforts, le résultat n’était pas aussi parfait qu’elle l’avait espéré : l’abeille avait un œil à demi fermé et ses pattes étaient trop longues ; en fait, elle n’était pas très jolie.
Pendant les préparatifs, Ada ne pleurait pas, ne protestait pas. Mais dès qu’elles partaient pour l’école, elle commençait à avoir mal partout. Une fois, c’était au ventre, une autre fois aux côtes, dont Ada croyait, de toute façon, qu’elles faisaient partie du ventre. Parfois, elle avait envie de vomir. Alors, elle disait à sa grand-mère qu’elle avait envie de vormir et sa grand-mère n’insistait pas. Dès que ces douleurs la prenaient, Teresa ramenait la petite fille à la maison.

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Jamais – Bruno Duhamel

81a0t+AtNHL Bamboo – janvier 2018 – 64 pages

Quatrième de couverture :
Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. Grignotée par la mer et par le vent, la falaise recule inexorablement chaque année, emportant avec elle le paysage et ses habitations. Le maire du village a réussi à protéger ses habitants les plus menacés. Tous sauf une nonagénaire, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine veut continuer à vivre avec son chat et le souvenir de son mari, dans SA maison. Madeleine refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Auteur : Né en 1975 en Seine-Maritime, après des années de lycée laborieuses et une année de Faculté d’Arts Plastiques, il entre aux Beaux-Arts d’Angoulême, hésite deux ans entre la 3D et le design Internet, et choisi finalement la bande dessinée. Après plusieurs collaborations avec divers scénaristes, Kochka, Harlem, Butch Cassidy,  Je suis PAS petite !!!, Le Père Goriot, Les Brigades du temps, Le Voyage d’Abel… Il signe, avec  Le Retour, son premier album en solo.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Madeleine est une vieille dame rebelle, aveugle de naissance, vivant seule avec son chat depuis la disparition de son mari en mer. Elle refuse de quitter la petite maison qu’elle habite en haut de la falaise. Une falaise érodée par la mer et le vent, une falaise qui recule et où la maison de Madeleine est de plus en plus proche de s’effondrer…
Madeleine est têtue, elle ne veux pas quitter sa maison, où sont tous ses souvenirs, en particulier ceux avec son mari avec qui elle continue à discuter comme s’il était toujours vivant…
Cette bande dessinée est pleine de fraîcheur et d’humour et pourtant le sujet est grave, il est question de liberté de choisir et du temps qui passe.
Le lecteur est ému par Madeleine et admiratif par son obstination à résister…

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Petit bac 2018Mot unique (5)

Hunter – Roy Braverman

Lu en partenariat avec Babelio et Hugo & Cie

CVT_Hunter_3805 Hugo & Cie – mai 2018 – 352 pages

Quatrième de couverture :
Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Roy Braverman est l’auteur de la série à succès Yeruldelgger. Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par : le Prix des lectrices Elle, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quais du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle série de trois sous le pseudo Roy Braverman.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Roy Braverman, alias Ian Manook, alias Patrick Manoukian (son vrai nom) a écrit ce thriller comme un film ! C’est le premier d’une trilogie, celui-ci se passe dans les Appalaches, le numéro 2 se passera en Alaska et le dernier en Louisiane. Il nous explique l’origine de son nouveau pseudo dans la préface de ce livre…
A Pilgrim’s Rest, petite ville isolée des Appalaches, plusieurs couples ont été victimes d’un tueur en série. Les hommes ont été retrouvés assassinés et les femmes ont disparu sans laisser de traces. Hunter a été condamné à mort pour ces crimes et après douze années de prison, il s’évade. Freeman, ancien policier et père de l’une des victimes, s’est lancé à ses trousses, obsédé par l’affaire et ayant étudié les différents crimes et son auteur, il sait que ce dernier va retourner sur les lieux de ses crimes et il compte bien le faire avouer où il a caché ses victimes féminines…
L’intrigue est posée mais bien sûr elle sera bien plus complexe que cela et des rebondissements inattendus vont se succéder avec beaucoup de rythme…
L’écriture est très cinématographique et lors de la première rencontre entre Freeman et Hunter, il s’en suit une scène cataclysmique, inoubliable pour le lecteur…
C’est un vrai roman noir, dans le ton, dans les thèmes abordés et heureusement l’auteur n’a pas oublié quelques touches d’humour pour permettre au lecteur de souffler un peu dans toute cette noirceur.
L’auteur prend beaucoup de soins à décrire la psychologie de chacun de ses personnages, le lecteur ne peut donc pas être indifférent, certains le touchent, il en déteste d’autres, il a très envie de connaître leur sort…
J’ai regretté que dans cette histoire l’environnement et la nature soient moins présents que dans la série Yeruldelgger…

Extrait : (début du livre)
Leur putain de mère s’est tirée. Leur putain de mère à tous les deux. Un père et un nom pour lui, un autre père et un autre nom pour son frère. Tous les deux de passage, les pères. Un à seize ans, l’autre à dix-huit ans, et à vingt et un ans elle se tire avec un courtier de New York en vacances qui abandonne femme et mômes dans son chalet de location pour le petit cul de leur maman moulé dans un short en vichy rose trop court. Ce fumier d’assureur leur a piqué le peu de mère qu’ils avaient encore avec ses taloches à tout va, ses repas de conserves, ses coucheries hurlantes et ses gueules de bois à la semaine. Elle se laissait prendre devant eux, tous les deux debout au garde-à-vous au pied du lit quand ses amants tordus l’exigeaient, en la baffant à grands revers de chevalières. Il sent encore la main de son frère serrer la sienne jusqu’à s’en blanchir les articulations, pour qu’il arrête de pleurer et ne se prenne pas la gifle de trop qu’il ne pourrait pas encaisser dans sa petite gueule de simplet. Et quand ces types en rut étaient partis, elle les attrapait et les serrait fort contre elle, contre son corps nu et chaud sur le lit défait, encore tout visqueux de tous ces cons.
Il enfouit son visage dans ses poings blanchis par la rage et se frappe le front pour chasser le goût amer de la peau de sa maman, quand il chialait dessus en reniflant. La sensation du grain de ses tétons marron encore bandés dans la paume de sa petite main de môme. L’odeur aigre de son sexe ouvert comme une blessure. Sa maman, sa petite maman ! Il s’en veut d’en bander encore quand il y repense. Il s’en frappe la tête tous les soirs à cinquante ans passés. Il se donne des coups comme ceux qu’elle prenait quand ces types s’énervaient contre elle, avec leurs braquemarts bringuebalant dans la bagarre. Comme des armes dont ils réussissaient toujours à la pénétrer. À la clouer quelque part. Dans des rugissements qui finissaient en borborygmes. C’est là qu’il avait appris que l’amour se donne et se prend dans les pleurs et la douleur. Dans la haine, dans la hargne, dans les coups. Dans ces hurlements injurieux qui se terminaient toujours en supplique. Et soudain Lyvia, la petite Lily, leur petite maman, jeune comme une grande sœur, finissait debout, pantelante, écartelée, transpercée, clouée au mur par le sexe de ces gros dégueulasses. Comme morte, les pieds à trente centimètres du sol.

Petit bac 2018Mot unique (4)

C’est lundi, que lisez-vous ? [29]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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Les Princesses aussi vont au petit coin – Chabouté
Mille soleils – Nicolas Delesalle
Les Seigneurs de Bagdad – Brian K. Vaughan et Niko Henrichon

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Qaanaak – Mo Malø (partenariat Éditions de la Martinière)
Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli (partenariat Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Je vais rester – Hubert Chevillard et Lewis Trondheim
Jamais – Bruno Duhamel
Visitons les phares de France (Babelio – Locus Solus éditions)

Bonnes lectures et bonne semaine

Les Seigneurs de Bagdad – Brian K. Vaughan et Niko Henrichon

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Urban Comics – mars 2012 – 144 pages

Panini Comics – novembre 2006 – 130 pages

traduit de l’américain par Laurence Belingard

Titre original : Pride of Baghdad,

Quatrième de couverture :
Bagdad, 2003 : quatre lions emprisonnés dans le zoo, sont libérés suite à un raid aérien de l’armée américaine. Un jeune mâle dominant, deux femelles de deux âges différents et un petit lionceau vont découvrir, en errant dans la ville dévastée, que cette liberté soudaine s’avère plus dangereuse que leur ancienne prison dorée.

Auteurs : Brian K. Vaughan, né en 1976 à Cleveland (Ohio), est un scénariste de comics américain connu pour ses comics Y, le dernier homme, Ex machina, Runaways, Les Seigneurs de Bagdad et Saga.
Niko Henrichon est un dessinateur de bande dessinée canadien.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Au printemps 2003, quatre lions se sont échappés du zoo de Bagdad au cours d’un bombardement américain. L’auteur est parti de cette anecdote réelle pour écrire cette histoire où la parole est laissée aux animaux…
Il y a Safa, une lionne vieillissante qui a déjà connu la vie sauvage avant d’entrer au zoo, Zill, le mâle dominant, Noor, la lionne fougueuse et Ali, son jeune lionceau plein d’énergie, ces derniers étant avides de liberté.
Ils vont obtenir leur liberté par la violence d’un bombardement, cela commence par un sentiment de peur puis du soulagement de se retrouver. Il va falloir surmonter des difficultés qu’ils ne connaissaient pas comme se nourrir, boire et chercher un abri… et autour d’eux, tout est détruit, c’est la guerre.
Le dessin est très beau, les couleurs vives et lumineuses contrastent avec l’atmosphère apocalyptique de Bagdad.
Cette fable est une réflexion sur la liberté, sur la brutalité des hommes et de la guerre. C’est une évocation originale de la Guerre d’Irak et ses victimes.

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Petit bac 2018Lieu (5)

Mille soleils – Nicolas Delesalle

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Quatrième de couverture :
Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultra haute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?
Avec ce huis clos à ciel ouvert, Nicolas Delesalle signe une histoire d’une intense émotion parcourue de paysages sublimes, d’instants tragiques mais aussi d’humour et de poésie. Un roman envoûtant, qui reste longtemps en tête une fois le livre refermé.

Auteur : Né en 1972, grand reporter à Télérama pendant quinze ans, directeur de l’ouvrage Télérama 60 ans publié aux Arènes, Nicolas Delesalle est l’auteur d’Un parfum d’herbe coupée et du Goût du largeMille soleils est son troisième roman. 

Mon avis : (lu en juin 2018)
Ils sont quatre hommes dans une voiture, parcourant une piste en direction de Mendoza pour aller prendre leur avion de retour après quelques jours en Argentine en mission pour des travaux d’astrophysique.
Ils vont croiser une femme qui voyage seule sur une bicyclette.
Vadim, chercheur en physique des particules, le conducteur de la voiture est un taiseux.
Wolfgang, un astrophysicien, « spécialiste des noyaux actifs des galaxies et des rayons cosmiques », c’est un malchanceux de naissance, il a l’habitude et finalement prend ses coups durs avec philosophie…
Alexandre est le beau gosse, il y a un an, il est tombé amoureux, pour la première fois, de Léna, une jolie Russe. Mais six mois plus tard, elle est partie avec un autre homme. Alexandre ne s’en ai pas remis.
Simon, journaliste, est chargé de rédiger un article sur les rayons cosmiques pour le CNRS. C’est un hypocondriaque, pour se donner du courage, il prend pour modèle Clint Eastwood.

A 59 ans, sur un coup de tête, Mathilda a quitté l’Afrique du Sud et sa famille pour partir traverser l’Amérique du nord au sud à vélo.
9h 23 min 58 s, c’est l’accident au cœur de l’immensité désertique de l’Argentine.
Le lecteur va découvrir cette journée particulière (entre 7h35 et 22h10), pour chacun de nos cinq personnages. 
Confrontés à l’immensité de la nature, à la solitude, à l’adversité, à l’urgence chacun des protagonistes réagira différemment… Tout est décuplé, le lecteur est confronté au ressentie des personnages, à leurs émotions, à leurs pensées, à leurs angoisses, à leurs histoires, à leurs vies…
Le lecteur s’émerveille, pleure, rit, voyage, s’interroge… 

Extrait : (début du livre)
7h35
Réveil, douche, serviette, caleçon, jean, tee-shirt, chaussures, lacets, petit déjeuner. Une tartine, un café. Quelques mots échangés du bout des lèvres. Il est trop tôt. L’homme est une esquisse au réveil, un brouillon. Brossage de dents face au miroir. Observation de la mise. Se regarder sans se voir. La valise est prête : trois chemises sales, deux tee-shirts sales, cinq caleçons et paires de chaussettes sales, un jean louche, un pull propre, deux bouteilles de vin argentin, une trousse de toilette, un rasoir mécanique, de la mousse fraîcheur mentholée, une brosse à dents souple, profilée comme la coque d’un voilier de course, un tube de dentifrice, un flacon de parfum, un déodorant, un coupe-ongles. Les draps sont froissés, roulés en boule. Laisser la chambre d’hôtel sans espoir de la revoir. Oublier un livre dans les toilettes. Un dernier regard pour dire mentalement adieu aux objets, le lit deux places en bois sombre, la lampe de chevet à l’abat-jour jaunâtre, le parquet qui craque, le faux tapis persan bon marché, la grande armoire massive en bois de peuplier, le plafond bleu indigo. Sortir. Un couloir, deux bibelots : un vase en laiton et une statuette de femme accroupie et lasse. La porte blanche de la maison est déjà entrouverte. Le chemin est dallé. Les sacs sont lourds. Chargement dans le coffre, en bon ordre. Monter en voiture. S’asseoir confortablement. Étendre ses jambes. Le voyage sera long. Les portières claquent. Une clé s’enfonce dans la fente prévue à cet effet. Compression, essence, étincelle, explosion. Le moteur démarre. Des gens dehors disent au revoir. Ils sourient. Les mains se dandinent de gauche à droite, de droite à gauche. La voiture s’ébroue, tousse comme un fumeur à l’aube, puis trouve sa voix et traverse la ville endormie. Ici ou là, une insomnie éclaire la fenêtre d’une maison basse sans toit. Grande ligne droite, vieil asphalte des années 1960 ou 1970, granuleux, couvert de rustines de bitume plus foncé. De moins en moins de maisons et de lampadaires. Ça y est. La ville est loin derrière, petit éclat qui s’estompe peu à peu. Les phares fendent la nuit en deux blocs d’encre noire. Dans le ciel, les galaxies des Nuages de Magellan ont disparu depuis longtemps. La route tire de longs segments au milieu d’un désert de terre craquelée, de crottin de cheval et de broussailles. Lentement, une lueur pâle et violacée se hisse à l’est, elle gonfle, elle gomme les étoiles une par une, et elle embrase l’horizon. Et puis, après quelques minutes de vide, il se passe quelque chose. La journée change de nature. À partir de cet instant-là, chaque seconde compte, celle d’avant, celle d’après et toutes les autres.

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Prix SNCF du Polar 2018

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La 18ème Cérémonie de remise des PRIX SNCF DU POLAR,
qui a eu lieu le 18 juin au soir, a été l’occasion de découvrir
les Lauréats 2018 des catégories Roman, BD et Court Métrage :

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Roman : Toutes les vagues de l’océan – de Víctor del Árbol (Actes Sud)

BD : Bâtard – Max de Radiguès (Casterman)

Court Métrage : Speed/Dating – Daniel Brunet et Nicolas Douste (AS&M Prod)

Bravo aux 3 lauréats !

 

Les Princesses aussi vont au petit coin – Chabouté

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Ce type étrange, sorti de nulle part, qu’ils prennent en auto-stop… cet individu, inquiet, agité et armé, qui leur indique maladroitement la route à l’aide du canon de son pistolet… Ce vieil alcoolique qui veut jouer aux Lego… Les autoroutes truffées de caméras, les cigarettes, toujours ces satanées cigarettes, un soi-disant pouvoir occulte, Merlin l’enchanteur, un chauve qui court à tort et à travers, cette manie de toujours vouloir éviter la foule, ce paquebot garé là, en plein milieu du chemin… Et les princesses dans tout ça ? Chabouté nous livre ici une histoire où, non content de le tenir en haleine, il prend un malin plaisir à désorienter, égarer et embrouiller le lecteur. Un récit déconcertant où tout est sens dessus-dessous et rien n’est à sa place… 112 pages d’un bazar réglé comme du papier à musique, un grand n’importe quoi raconté avec une rigueur et une précision implacables…

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans « les Récits », un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup « Sorcières » aux Editions du Téméraire et « Quelques jours d’été » aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec « Zoé » paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans « Pleine Lune ». « Tout seul« (2008), « Terres Neuvas« (2009), « Un peu de bois et d’acier« (2012).

Mon avis : (lu en juin 2018)
Jorn vient de s’échapper d’un hôpital psychiatrique, en assommant le médecin. Sur sa route, il force un couple à le prendre en stop. Ce couple, Marco et Suzanne, roulent tranquillement sur les routes sans vrai but… Jorn, sous la menace d’une arme, exige d’être conduit vers un lieu secret. Il est persuadé de détenir des informations prouvant l’existence d’un complot. Et par curiosité,  Marco et Suzanne acceptent de faire un bout de route avec Jorn. 

Chabouté brouille les pistes du lecteur qui est embarqué dans une histoire qui part dans tous les sens, et ce dernier suit le dessinateur avec plaisir et curiosité dans ce road-movie…
Les dessins noir et blanc sont toujours magnifiques, le texte est sobre mais juste et ce n’est qu’à la dernière page que l’on comprendra le pourquoi de ce titre si poétique et si bizarre… Ce n’est l’album que je préfère de Chabouté, il est assez déstabilisant… Il m’a manqué quelque chose pour que je l’apprécie autant que d’autres BD.

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)
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Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas  

construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d’été / Un îlot de bonheur 

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pleine lune Pleine lune

Sélection des 5 finalistes Prix Audiolib 2018

Voilà la sélection des 5 finalistes du Prix Audiolib 2018
choisis par le jury de blogueurs

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(les finalistes sont affichés par ordre alphabétique, ils ne sont pas classés)

J’ai dans mon classement 4 livres finalistes sur 5…

Rappel de mon classement :

9782367625454-001-T 9782367625751-001-T 9782367626673-001-T  9782367624648-001-T  9782367624631-001-T

1 – Quand sort la recluse – Fred Vargas
2 – Bakhita – Véronique Olmi
( 3 – La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan )
4 – Underground Railroad – Colson Whitehead
5 – Le jour d’avant – Sorj Chalandon

8 – Arrête avec tes mensonges – Philippe Besson

Vous êtes invités à choisir votre favori
et à voter pour celui que vous préférez  ! 

(du 13 juin au 23 août 2018)

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(en cliquant sur le logo)

C’est lundi, que lisez-vous ? [28]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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L’Écossais – Anna Briac
Dans le murmure des feuilles qui dansent – Agnès Ledig

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Le bruit des choses qui commencent – Evita Greco (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Qaanaak – Mo Malø (partenariat Éditions de la Martinière)
Les Seigneurs de Bagdad – Brian K. Vaughan et Niko Henrichon
Les Princesses aussi vont au petit coin – Chabouté

Bonnes lectures et bonne semaine