C’est lundi, que lisez-vous ? [16]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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Irena – tome 1 : Le ghetto – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël
La Mise à Nu – Jean-Philippe Blondel
Grand Atlas de la France 2018

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La Vie secrète des arbres – Peter Wohlleben (Prix Audiolib 2018)
Couleurs de l’incendie – Pierre Lemaitre (partenariat Audiolib)
Condor – Caryl Férey (partenariat Folio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
La chorale du diable – Martin Michaud
La Chorale des dames de Chilbury – Jennifer Ryan (partenariat Albin Michel)

Bonnes lectures et bonne semaine

Grand Atlas de la France 2018

Masse Critique Babelio

81eJNh0dD7L Éditions Autrement – janvier 2018 – 127 pages

Quatrième de couverture :
Un outil indispensable pour comprendre la France : Plus de 150 cartes inédites et mises à jour ; Un tour d’horizon complet des grands enjeux du pays ; Une synthèse actualisée et l’analyse des plus grands spécialistes ; Un dossier spécial sur la place des immigrés et des réfugiés : quelle politique, pour quelle société ?

Auteur : Frank Tétart, directeur de la rédaction du Grand Atlas Autrement depuis 2014. Ancien co-auteur de l’émission Le Dessous des cartes (1994-2008) et ex-rédacteur en chef des revues Moyen-Orient et Carto (2009-2011), il est docteur en géopolitique de l’Institut français de géopolitique (Paris 8) et diplômé en relations internationales (Paris 1). Il a notamment enseigné à Sciences Po Paris, à l’université Paris 1, à l’Institut européen de l’université de Genève et à Paris Sorbonne Abu Dhabi aux Émirats arabes unis. Il est également l’auteur de La Péninsule Arabique, cœur géopolitique du Moyen-Orient (Armand Colin, 2017).

Mon avis : (feuilleté en février et mars 2018)
Comme l’annonce la couverture, ce livre est un Atlas qui résume l’actualité de la France à l’aube de 2018 à l’aide de 150 cartes, du point de vue économique, politique, environnemental et international.
Cet ouvrage documentaire est divisé en cinq grandes parties qui analysent les évolutions et les mutations de la France d’aujourd’hui.
Cela commence sur un état des lieux de la France : démographie, société postindustrielle, la religion, les 18 régions, les élections 2017, l’abstention, faire face au terrorisme, Paris JO 2024.
Puis ce sont les enjeux économiques et sociaux : reprise économique, agriculture, pôles de compétitivité, l’industrie du luxe, tourisme, l’insertion par l’école, la pauvreté, la santé, les jeunes et le monde travail, le vieillissement.
L’enjeu du développement durable : écologie, aménagement durable du territoire, agriculture durable, transition énergétique, prévention des risques
La France, l’Europe et le monde : La Nouvelle-Calédonie et l’autodétermination en 2018, la francophonie, la France et l’Afrique, la France et la construction européenne, France et Europe face à la crise migratoire, la politique agricole commune 
Enfin une France plurielle : Immigration, xénophobie et montée des extrêmes, la France entre accueil et fermeture, la part des immigrés dans l’économie, les sportifs comme reflet des vagues migratoires, pays du vivre-ensemble ?
Et en annexes : les chiffres clés des 18 nouvelles régions, la bibliographie et les sources.
Comme tout atlas, c’est un livre que l’on feuillète plutôt que de le lire dans sa continuité. Cet atlas s’adressent à un large public : lycéens et étudiants, enseignants et tous ceux qui s’intéressent à comprendre la France.
J’ai plus l’habitude des cartes topographiques ou routières, mais je reconnais qu’une carte bien faite est souvent plus parlante qu’un long discours…
Il est vraiment intéressant de visualiser des chiffres et des analyses économiques ou sociales avec des cartes !
Merci Babelio pour cet atlas instructif et utile.

 

Extrait : (début de l’atlas)
Combien sommes-nous ?

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Alors que la population européenne connaît un déclin démographique depuis un peu plus d’une décennie, la population de la France se maintient, malgré depuis quelques années une baisse de la natalité et de la fécondité et un ralentissement de l’accroissement de l’espérance de vie.

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Une population assez stable
Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), la population française est estimée au 1er janvier 2017 à 67 millions d’habitants, dont 2,1 millions dans les départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion et Mayotte). Toutefois, le solde naturel, c’est-à-dire l’excédent des naissances par rapport au décès, ne cesse de diminuer : il est passé au cours des dix dernières années de 280 000 à 173 000. En cause la diminution du nombre de femmes en âge de procréer et la baisse de la fécondité. Alors que les femmes avaient encore en moyenne 2 enfants en 2010, ce qui correspond au seuil de renouvellement des générations, ce taux est en baisse et atteint 1,89 en 2016. La baisse de la fécondité est imputable aux femmes de moins de trente ans, la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard se poursuivant. Les Françaises accouchent en moyenne en 2017 à 30,5 ans, alors qu’elles avaient en moyenne leur premier enfant à 26,5 ans, il y a quarante ans. Malgré la baisse récente de la fécondité, la France reste le pays le plus fécond de l’Union européenne. Comme ailleurs, cette diminution s’explique par les effets de la crise économique et la hausse du chômage et de l’incertitude qu’elles impliquent, même si elle reste plus modérée qu’ailleurs et est apparue plus tardivement en raison des politiques sociales et atteint 1,89 en 2016. La baisse de la fécondité est imputable aux femmes de moins de trente ans, la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard se poursuivant. Les Françaises accouchent en moyenne en 2017 à 30,5 ans, alors qu’elles avaient en moyenne leur premier enfant à 26,5 ans, il y a quarante ans. Malgré la baisse récente de la fécondité, la France reste le pays le plus fécond de l’Union européenne. Comme ailleurs, cette diminution s’explique par les effets de la crise économique et la hausse du chômage et de l’incertitude qu’elles impliquent, même si elle reste plus modérée qu’ailleurs et est apparue plus tardivement en raison des politiques sociales et familiales qui en ont amorti l’impact.

La population française vieillit
En termes de groupes d’âge, la part des moins de 20 ans (24,2 %) est en recul. Elle représente un quart de la population depuis le début des années 2000, alors qu’elle correspondait encore à un tiers de la population dans les années 1980. La part des adultes âgés de 20 à 64 ans reste assez stable et compte pour plus de la moitié de la population (56,4 %). Quant aux seniors, leur part ne cesse de croître. En 2017, presque un Français sur cinq a plus de 65 ans (19,4 % de la population), alors que les séniors ne représentaient qu’un français sur six il y a 10 ans. Cette tendance s’est accélérée depuis 2012 en particulier avec l’arrivée des premiers baby-boomers dans le groupe des seniors.
Le solde migratoire (excédent des arrivées sur les sorties du territoire), bien que positif (+ 82 000 personnes) et en régulière augmentation (il a dépassé 107 000 en 2013), participe moins à la croissance démographique que dans la plupart des autres pays d’Europe. C’est une particularité de la démographie française, puisqu’ailleurs en Europe l’apport du solde migratoire est en effet supérieur à celui du solde naturel.

La durée de vie s’allonge
Depuis 1950, la mortalité en France n’a cessé de diminuer passant de 12,7 pour mille à moins de 9 depuis le début des années 2000, et ce, bien que la population ait continué d’augmenter. La durée de vie s’allonge. En 2016, l’espérance de vie à la naissance atteint 85,4 ans pour les Françaises et 79,4 ans pour les Français, contre respectivement 82,8 et 75,3 ans en l’an 2000, soit un gain de deux ans et demi pour les femmes et de plus de quatre ans pour les hommes. Mais l’espérance de vie progresse moins vite depuis 2012, en raison de fluctuations liées aux épidémies de grippes saisonnières comme celle de 2015.

Le nombre de centenaires continue aussi de progresser. Au 1er janvier 2016, on comptait, selon l’INSEE, 21 000 centenaires en France : c’est près de vingt fois plus qu’en 1970. Selon les prévisions démographiques, la France pourrait en compter 270 000 en 2070 : neuf femmes sur dix et huit hommes sur dix nés en 1990 deviendraient octogénaires, tandis que 13 % des femmes et 5 % des hommes nés en 1970 atteindraient leur centième anniversaire. 

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Petit bac 2018Objet (2)

Prix Audiolib : deux nouveaux livres audios sont arrivés !

logoprixaudiolib2018J’ai trouvé deux nouveaux livres audios dans ma boîte aux lettres !
Deux livres que je n’ai pas encore lu, j’ai très envie de découvrir Bakhita…

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J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
La Tresse de Laetitia Colombani
Quand sort la recluse – Fred Vargas
Underground Railroad – Colson Whitehead

en cours de lecture :
La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

A suivre…

La Mise à Nu – Jean-Philippe Blondel

41dFUwhC8vL Buchet Chastel – janvier 2018 – 250 pages

Quatrième de couverture :
Louis Claret est un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu’il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C’est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu’il se rend au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin – un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. Il ne se figure pas un seul instant à quel point ces retrouvailles avec Laudin vont bouleverser sa vie. La Mise à nu parle de ce qu’on laisse derrière soi, au bout du compte. Des enfants. Des amis. Des livres ou des tableaux… Jean-Philippe Blondel, dans une veine très personnelle, évoque avec finesse ce moment délicat où l’on commence à dresser le bilan de son existence tout en s’évertuant à poursuivre son chemin, avec un sourire bravache.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne-Ardennes. Il publie en littérature générale et en littérature jeunesse depuis 2003. Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin – Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Louis Claret est professeur dans un lycée d’une petite ville de province. Cinquante-huit ans, séparé de la mère de ses deux filles devenues autonomes, il se laisse porter par la routine du quotidien. Un soir, Louis se rend un peu par hasard au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin dans cette ville de province.  Alexandre Laudin est l’un de ses anciens élèves dont il n’a pas beaucoup de souvenirs car c’était un garçon timide et effacé. Alexandre est devenu célèbre à l’international dans le monde de l’art. Alexandre, lui se souvient très bien de son professeur et une discussion s’engage entre eux deux. Alexandre propose à Louis de le revoir car il a une demande particulière à lui faire… L’artiste propose à son professeur de faire son portrait. Louis accepte et c’est l’occasion pour l’un et l’autre de se retrouver pour des séances de pose. Au cours desquelles, Louis profite des moments de silence et d’immobilité pour se souvenir de ses années passées, de faire un travail d’introspection… De retour chez lui, il ressent également le besoin de reprendre un journal intime.
Ce livre nous raconte des retrouvailles entre professeur et ancien élève qui vont bouleverser le train-train routinier de la vie qu’était devenue celle de Louis. C’est l’occasion de faire un point sur ce qu’il a vécu et comment il voit son avenir.
J’ai beaucoup aimé cette histoire troublante qui nous interroge sur notre propre vie et sur nos rapports aux autres.

Extrait : (début du livre)
Je n’étais pas à ma place. Je déambulais dans l’enfilade des salles, une flûte d’un champagne trop vert à la main. Je regardais les autres invités. Leur assurance. Leur port de tête. Leurs mimiques. Ils tenaient des conciliabules, s’esclaffaient, observaient des groupes rivaux, jetaient de temps à autre un regard sur les toiles, s’extasiaient bruyamment, se retournaient, murmuraient à l’oreille de leurs acolytes une anecdote croustillante ou un commentaire acerbe qui démontait en un clin d’œil le travail qu’ils venaient de louer. Les hommes portaient des vestes à l’aspect savamment négligé. Les femmes riaient à gorge déployée dans leurs robes noires et touchaient à intervalles réguliers le bras ou l’épaule de leurs partenaires masculins.
Un vernissage, et tout son décorum. En fait, on n’était pas très loin de l’image stéréotypée que j’en avais. Je n’étais pas un habitué de ce genre d’événements. Au cours des cinquante-huit années de mon existence, j’avais finalement peu fréquenté le monde des arts plastiques. C’était la deuxième fois seulement que j’étais convié à ce type de cérémonie. La première avait eu lieu plus d’un quart de siècle auparavant. J’accompagnais alors un ami qui exposait, fébrile, avec les artistes locaux. Nous avions nous-mêmes accroché ses tableaux.
Tandis que ce soir-là, bien sûr, était différent. Le peintre était un autochtone, certes, mais sa notoriété s’étendait jusque dans la capitale et même hors de nos frontières. Alexandre Laudin : la preuve vivante que l’art n’a cure des origines géographiques et sociales – il était né et avait grandi ici, dans un lotissement de l’agglomération de cette ville de province où ses parents résidaient encore. Quant à lui, je l’imaginais bien installé dans le Xe ou le XIe arrondissement. Bastille. République. Là où la vie bat plus vite.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu un hiver à paris Un hiver à Paris  9782330048204 La coloc

109646121 Mariages de saison 9782330075521 Le groupe

Irena – tome 1 : Le ghetto – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

91sYNAhtwWL Glénat – janvier 2017 – 72 pages

Quatrième de couverture :
1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition. Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi.

Auteur : Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en février 2018)
Cet album est le premier tome d’une trilogie qui rend hommage à Irena Sendlerowa. Cette femme est une authentique résistante polonaise qui a sauvé plus de 2 000 juifs d’une mort certaine. En 1965, elle a été reconnue comme Juste parmi les Justes.
En mars 1941, Irena est infirmière sociale à Varsovie, elle se rend quotidiennement dans le ghetto de Varsovie pour tenter de soulager le sort des nombreux Juifs qui y ont été parqués. Elle distribue de la soupe, des vieux vêtements, elle soigne comme elle le peut les malades. C’est une femme courageuse qui n’hésite pas à tenir tête aux gardiens nazis si ceux-ci abusent de leur pouvoir. Lorsqu’un jour, une jeune mère, sur son lit de mort, lui confie la vie de son fils, Irena hésite à accepter… A-t-elle le droit de mettre en danger ses collègues de travail en acceptant ? Pourquoi sauver cet enfant et pas un autre ?
Ce premier tome est celui de la prise de conscience d’Irena.
Le dessin au trait arrondi, plein de douceur et les couleurs franches s’équilibrent avec la gravité de l’histoire. Cette BD est bouleversante et fait intelligemment œuvre de mémoire.

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Petit bac 2018Prénom (3)

C’est lundi, que lisez-vous ? [15]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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Millénium saga – tome 2 – Les Nouveaux Spartiates – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega
Underground Railroad – Colson Whitehead

 

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La Vie secrète des arbres – Peter Wohlleben (Prix Audiolib 2018)
Condor – Caryl Férey (partenariat Folio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

La mise à nu – Jean-Philippe Blondel
La chorale du diable – Martin Michaud
Grand Atlas de la France 2018 (Masse Critique Babelio)
Couleurs de l’incendie – Pierre Lemaitre (partenariat Audiolib)

Bonnes lectures et bonne semaine

Underground Railroad – Colson Whitehead

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Audiolib – novembre 2017 – 10h45 – Lu par Aïssa Maïga

Albin Michel – août 2017 – 416 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin

Titre original : The Underground Railroad, 2016

Quatrième de couverture :
Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

Auteur : Né à New York en 1969, Colson Whitehead a été découvert en France avec la traduction de son premier roman, L’Intuitionniste. Ont suivi notamment Ballades pour John HenryLe Colosse de New York ou encore Apex ou le cache-blessure (publiés aux Éditions Gallimard), qui tous ont confirmé l’exceptionnel talent de Colson Whitehead à inventer de véritables machines romanesques, irriguées par une méditation sur les mythologies américaines, ainsi que par une réflexion très politique sur la question raciale. Avant d’être distingué par le prix Pulitzer, Underground Railroad avait déjà été récompensé par le National Book Award et élu « Meilleur roman de l’année 2016 » par la presse américaine. Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal dans le monde entier comme en France.

Lecteur : Née à Dakar, Aïssa Maïga arrive en France à l’âge de quatre ans et demi. Elle s’intéresse très jeune au cinéma et fait ses premiers pas sur les planches à quinze ans. Après une formation théâtrale elle se distingue dans de nombreux films tels que Les Poupées russes de Cédric Klapisch, L’un reste, l’autre part de Claude Berri, ou Je vais bien, ne t’en fais pas. Son rôle dans Bamako d’Abderrahmane Sissako, lui permet de décrocher une nomination pour le Meilleur Espoir Féminin aux Césars 2007. Récemment, on a pu la voir dans des films d’auteurs (L’Écume des jours, de Michel Gondry ; Code inconnu de Michael Haneke) ou dans des comédies (Prêt à tout, Il a déjà tes yeux).

Mon avis : (écouté en février 2017)
J’ai trouvé cette lecture passionnante et palpitante. Elle raconte l’histoire de Cora, une jeune esclave que 16 ans, qui vit depuis sa naissance dans une plantation de coton propriété des frères Randall, des maître blancs cruels et brutaux. Alors qu’elle n’avait que 10 ans, sa mère, Mabel, s’est enfuie du domaine en la laissant seule. Mabel n’a jamais été retrouvée. Cora a la rage de vivre et finit par accepter de s’évader avec un autre esclave Caesar pour emprunter « l’Underground Railroad », espoir de liberté.
Le lecteur suit le périple de Cora de la Georgie en Caroline du Sud, puis en Caroline du Nord, puis le Tennessee et l’Indiana, fuyant un chasseur d’esclaves lancé à ses trousses…
L’auteur est très bien documenté : il est question des mauvais traitements fait aux esclaves, les divers châtiments et humiliations, le racisme, les campagnes de stérilisation ou expérimentations médicales sur la population noire, des chasseurs d’esclaves, des affranchis…
C’est avec l’écriture de ce billet et en allant me documenter sur internet à propos du « chemin de fer clandestin », que j’ai découvert que l’auteur m’avait mystifiée en imaginant dans son histoire un vrai réseau ferrée souterrain et ses trains…
En réalité, le « chemin de fer clandestin » est mis sur pied au début du XIXe siècle par une communauté d’abolitionnistes établis surtout à Philadelphie. En quelques décennies, il devient un réseau dynamique bien organisé. C’est un réseau clandestin complexe de personnes et de refuges visant à aider les esclaves des plantations du Sud à recouvrer leur liberté au Nord.
Encore une fois, j’aurai dû mieux lire la quatrième de couverture pour comprendre que ce réseau ferrée souterrain était comme une parabole sortie de l’imagination de l’auteur…
La lectrice a une voix douce et très agréable qui contraste avec la violence de cette histoire. Une belle histoire bien documentée qui donne à réfléchir et à ne pas oublier. Malheureusement, il y a également une résonance avec l’actualité puisque encore aujourd’hui il existe des esclaves…

Extrait : (début du livre)
La première fois que Caesar proposa à Cora de s’enfuir vers le Nord, elle dit non.

C’était sa grand-mère qui parlait à travers elle. La grand-mère de Cora n’avait jamais vu l’océan jusqu’à ce jour lumineux, dans le port de Ouidah, où l’eau l’avait éblouie après son séjour dans les cachots du fort. C’est là qu’ils avaient été parqués en attendant les navires. Des razzieurs dahoméens avaient d’abord kidnappé les hommes, puis étaient revenus au village à la lune suivante rafler les femmes et les enfants, qu’ils avaient fait marcher de force jusqu’à la mer, enchaînés deux par deux. En fixant le seuil noir, Ajarry crut qu’elle allait retrouver son père dans ce puits de ténèbres. Les survivants de son village lui expliquèrent que lorsque son père n’était plus parvenu à tenir le rythme, les marchands d’esclaves lui avaient défoncé la tête et avaient abandonné son corps sur le bord de la piste. Sa mère était morte bien des années plus tôt.
La grand-mère de Cora fut revendue plusieurs fois sur le chemin du fort, passant d’un marchand à un autre, troquée contre des cauris et de la verroterie. Impossible de dire combien on paya pour elle à Ouidah, car elle fit partie d’une vente en gros, quatre-vingt-huit âmes contre soixante caisses de rhum et de poudre, un prix arrêté après les marchandages habituels en sabir d’anglais. Les hommes valides et les femmes fertiles rapportaient plus que les juvéniles, ce qui rendait difficile une estimation individuelle.
La Nanny, en provenance de Liverpool, avait déjà fait deux escales sur la Côte-de-l’Or. Le capitaine échelonnait ses achats pour ne pas se retrouver confronté à une cargaison d’origine et de mentalité identiques. Dieu sait quelle mutinerie ses captifs risqueraient de concocter s’ils partageaient une langue commune. C’était la dernière escale du navire avant sa traversée de l’Atlantique. Les marins aux cheveux jaunes y conduisirent Ajarry à la rame en fredonnant. La peau blanche comme de l’os.

Petit bac 2018Moyen de Transport (2)

 

Millénium saga – tome 2 – Les Nouveaux Spartiates – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega

81Vot04XJLL Dupuis – octobre 2017 – 60 pages

Quatrième de couverture :
Livrée à elle-même après les enlèvements ayant touché les membres de son groupe de hackeurs, Lisbeth Salander se lance sur les traces des responsables, un obscur groupuscule aux méthodes radicales nommé « Sparta ». Cependant, elle n’est pas seule : Mickael Blomkvist, journaliste controversé de « Millénium », est déterminé à lui venir en aide en échange d’informations sur un candidat électoral aux dangereuses influences. Alors que leurs mystérieux ennemis se déchaînent contre eux, le duo de choc prendra bien vite conscience que leur volonté de révéler ces sombres machinations pourrait bien leur coûter la vie.

Auteurs : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.
Né en 1971 à Tournai d’une mère Belge et d’un père Français, ayant grandi dans le sud de la France, c’est en compagnie des Astérix, Batman et autres Spirou que Sylvain Runberg étanche sa soif de bulles, le tout entrecoupé de récits historiques et de romans divers, manière de titiller son imaginaire en devenir. Il passe son bac d’Arts Plastiques dans le Vaucluse avant d’obtenir une Maîtrise d’Histoire contemporaine à la faculté d’Aix en Provence, années étudiantes ponctuées de nombreux voyages en Europe et d’organisation de soirées musicales, du rock indépendant à la musique électronique. Sylvain Runberg évolue ensuite plusieurs années en librairie avant de rejoindre le monde de l’édition. Il déménage alors à Paris pour rejoindre les Humanoïdes Associés. Mais un fâcheux accident l’immobilise plusieurs mois durant l’année 2001. Il s’essaye alors à l’écriture durant sa convalescence et s’aperçoit que ça lui plait plus que de raison et décide de continuer. En 2004, Sylvain sort son premier album, « Astrid » avec Karim Friha. Suivent ensuite des projets aux univers variés : les « Colocataires » avec Christopher, série inspirée par ses années étudiantes aixoises, « Hammerfall », avec Boris Talijancic, saga médiévale fantastique ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle et la série de science fiction « Orbital », réalisée avec Serge Pellé. 

Belén Ortega (1986) est diplômée des Beaux-Arts de l’université de Grenade (Espagne) et a poursuivi sa formation à l’université d’Osaka (Japon) durant plus d’un an. Son premier travail professionnel, « Himawari », publié en 2011, a reçu le prix du meilleur manga espagnol par Ficomic Barcelona. En 2010, Expomanga Madrid lui décerne le prix de la meilleure illustratrice espagnole. Sa première bande dessinée, « Pajaro Indiano », est publiée en 2015 et sera aussi exportée en Italie par le magazine BD « Lanciostory ». La même année, Ominiky Ediciones compile l’ensemble de son travail dans un artbook. En 2016, Norma Editorial publie « Marc Márquez, la historia de un sueño », sa biographie du double vainqueur du Championnat du monde de MotoGP. Actuellement, Belén Ortega collabore avec Sylvain Runberg sur une nouvelle série issue de l’univers de « Millénium » de Stieg Larsson pour les Éditions Dupuis : « Millénium Saga ». En parallèle, elle est illustratrice freelance. Elle réalise des couvertures de livres, travaille à divers projets indépendants et crée des personnages pour des jeux vidéo ainsi que pour de courts métrages animés. Elle est également professeur de manga à temps partiel.

Mon avis : (lu en février 2018)
Dans le tome 1 de la trilogie Millénium saga, nous avions quitté Lisbeth Salander alors qu’elle s’apprêtait à pirater un important centre de données, et que plusieurs de ses complices étaient kidnappés par une mystérieuse organisation. Elle avait donc demandé de l’aide au journaliste Mikael Blomkvist. Ce dernier étant en train d’enquêter sur le leader d’un parti d’extrême droite suédois.
Les trois amis de Lisbeth, Plague, Trinity et Bob the Dog, sont retenus prisonniers par l’organisation « Sparta », aux idées fascistes, et qui les oblige à cracker les serveurs ultra-sécurisés de la Säpo (les services secrets), afin de récupérer un maximum d’informations pour mener un coup d’état populiste. Lisbeth et Mikael découvrent que leurs deux affaires se recoupent et vont unir leurs forces pour que la justice triomphe.
Cette BD se lit d’une traite, c’est un vrai thriller rythmé et haletant parfaitement dans l’esprit de Stieg Larsson. C’est également un vrai plaisir de retrouver le duo Lisbeth Mikael. Les auteurs évoquent des sujets très actuels comme l’extrémisme politique, le piratage informatique…
Évidemment, j’ai très envie de connaître le dénouement de Millénium Saga avec le prochain et dernier tome !

 

 

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu dans la même série :

88596558_p Millenium – tome 1 106030485 Millenium – tome 2

millenium3 Millenium – tome 3  millenium4 Millenium – tome 4

millenium_5_1_75 Millenium – tome 5 107056902 Millenium – tome 6

114103759 Millénium saga – tome 1

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