Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

Lu en partenariat avec Babelio et les Éditions de l’Observatoire

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Éditions de l’Observatoire – janvier 2018 – 256 pages

Éditions La Peuplade – septembre 2016 – 312 pages (Québec)

Prix France Québec 2017

Quatrième de couverture :
À la suite d’un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d’électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire.
Dans la véranda d’une maison où se croisent les courants d’air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l’hiver et de leur rude face-à-face.
Cernés par une nature hostile et sublime, soumis aux rumeurs et aux passions qui secouent le village, ils tissent des liens complexes, oscillant entre méfiance, nécessité et entraide.
Alors que les centimètres de neige s’accumulent, tiendront-ils le coup face aux menaces extérieures et aux écueils intimes ?

Auteur : Né au Québec, en 1982, Christian Guay-Poliquin est doctorant en études littéraires. Le Poids de la neige, grand succès au Québec, a été distingué par plusieurs prix prestigieux.

Mon avis : (lu en février 2018)
La neige étant annoncée sur le nord de la France, j’ai décidé de lire enfin le roman québécois « Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin.
C’est l’hiver et dehors, tout est sous la neige, le narrateur est un jeune homme blessé, immobilisé dans une maison isolée, et jour après jour, il surveille la hauteur de neige. Le village le plus proche est coupé du monde, car il y a également une panne générale d’électricité. Le jeune homme n’est pas seul, il a été confié à un vieil homme Matthias, s’occupe de lui, il le nourrit et le soigne.
Les premiers temps nos deux naufragés ont la visite de gens du village pour apporter du ravitaillement, provisions et bois pour le chauffage, celle de l’infirmière pour soigner notre blessé… Mais au fil des jours, les visites se raréfient, les plus actifs du village sont partis et les deux compagnons se retrouvent prix au piège de l’hiver et sont livrés à eux-même.
C’est une histoire d’attente, l’atmosphère est tour à tour réconfortante, inquiétante ou oppressante.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dépaysante et hors du temps. Il y a beaucoup de poésie dans les belles descriptions de la nature, de la neige, du vent, de l’hiver.
Merci Babelio et les Éditions de l’Observatoire pour cette belle découverte !

Extrait : (début du livre)
1. Le labyrinthe
Regarde. C’est un lieu plus vaste que toute vie humaine. Celui qui tente de fuir est condamné à revenir sur ses pas. Celui qui pense avancer en ligne droite trace de grands cercles concentriques. Ici, tout échappe à l’emprise des mains et du regard. Ici, l’oubli du monde extérieur est plus fort que toute mémoire. Regarde encore. Ce labyrinthe est sans issue. Il s’étend partout où se posent nos yeux. Regarde mieux. Aucun monstre, aucune bête affamée ne hante ces dédales. Mais on est pris au piège. Soit on attend que les jours et les nuits aient raison de nous. Soit on se fabrique des ailes et on s’évade par les airs.

TRENTE-HUIT

La neige règne sans partage. Elle domine le paysage, elle écrase les montagnes. Les arbres s’inclinent, ploient vers le sol, courbent l’échine. Il n’y a que les grandes épinettes qui refusent de plier. Elles encaissent, droites et noires. Elles marquent la fin du village, le début de la forêt.
Près de ma fenêtre, des oiseaux vont et viennent, se querellent et picorent. De temps à autre, l’un d’eux observe la tranquillité de la maison d’un œil inquiet.
Sur le cadre extérieur, une fine branche écorcée a été fixée à l’horizontale, en guise de baromètre. Si elle pointe vers le haut, le temps sera clair et sec; si elle pointe vers le bas, il va neiger. Pour l’instant le temps est incertain, la branche est en plein milieu de sa trajectoire.
Il doit être tard. Le ciel gris est opaque et sans aucune nuance. Le soleil pourrait être n’importe où. Quelques flocons virevoltent dans l’air en s’accrochant à chaque seconde. À une centaine de pas de la maison, dans l’éclaircie, Matthias enfonce une longue perche dans la neige. On dirait le mât d’un bateau. Mais sans voile ni drapeau.
Des gouttes d’eau perlent sur la corniche et rejoignent la pointe des glaçons. Quand le soleil sort, ils brillent comme des lames acérées. De temps à autre, l’un d’eux se décroche, tombe et s’enfonce dans la neige. Un coup de poignard dans l’immensité. Mais la neige est invincible. Bientôt, elle atteindra le bas de ma fenêtre. Puis le haut. Et je ne verrai plus rien.
C’est l’hiver. Les journées sont brèves et glaciales. La neige montre les dents. Les grands espaces se recroquevillent.

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4 réflexions sur “Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

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